Le coût du mauvais management – Et si mieux manager était l’investissement le plus rentable ?
« Les pratiques de management représentent près de 20% des différences de productivité entre les firmes* ». Ce constat montre à quel point le management est fondamental et fait partie des premiers leviers de compétitivité et donc de prospérité dans une entreprise.
Pourtant, en France, le constat reste préoccupant. De nombreuses études pointent un modèle managérial encore vertical, autoritaire et technocratique, en décalage avec les enjeux d’engagement, d’agilité et de performance durable auxquels les entreprises sont confrontées.
Un modèle managérial historiquement vertical
Cette situation s’explique d’abord par une forte distance hiérarchique. La prise de décision demeure largement centralisée, au sein d’organisation souvent pyramidales, cloisonnées et élitistes où persiste l’idée que « celui qui commande c’est celui qui sait ». A cette culture s’ajoute une tradition française marquée par un management perçu comme une promotion statutaire, davantage liée au diplôme ou au statut qu’à l’exercice d’un métier à part entière, nécessitant des compétences spécifiques et une formation continue.
Enfin les évolutions récentes de l’environnement économique tendent à renforcer cette verticalité managériale. Le recours accru au numérique combiné à la financiarisation des entreprises intensifient les logiques descendantes : injonctions des actionnaires et des investisseurs, exigences de court terme et pression constante des marchés financiers.
Une addition lourde et largement sous-estimée
Le résultat est un mauvais management dont le coût réel demeure largement sous-évalués par les entreprises jusqu’à devenir une addition particulièrement douloureuse. Ses conséquences sont désormais bien identifiées : baisse de la productivité, affaiblissement de l’innovation, frein à la créativité et à l’initiative. La chercheuse Teresa Amabile** a notamment identifié plusieurs causes managériales majeures expliquant ces freins :
- Le manque de communication
- Les contraintes importantes imposées aux salariés
- La fixation d’objectifs irréalistes
- Un système de récompense inadapté
- La pression pour remplir une mission dans des délais trop serrés
Des coûts visibles et des coûts cachés… et des risques humains majeurs
Les indicateurs les plus couramment suivis pour mesurer le désengagement – et expliquer la baisse de productivité – sont bien connus : l’absentéisme, les accidents du travail, les maladies professionnelles, la rotation du personnel, les défauts de qualité.
A titre d’exemple, si l’on considère uniquement le coût de l’absentéisme dit « évitable » (hors maladies virales ou les congés parentaux qui représentent l’absentéisme incompressible), celui-ci représenterait près des deux-tiers de l’absentéisme global et représente 71,5 milliards d’euros perdus chaque année***. Un chiffre qui interpelle.
A ces coûts visibles s’ajoutent des risques humains majeurs, au premier rang desquels les risques psychosociaux (RPS). Stress chronique, épuisement professionnel, perte de sens, conflits relationnels, harcèlement moral ou sentiment d’isolement sont rarement des fragilités individuelles ; ils sont le plus souvent la conséquence directe de pratiques managériales inadaptées, d’une surcharge de travail mal régulée, d’objectifs contradictoires ou encore d’un manque de reconnaissance.
Les RPS ne relèvent donc pas d’un simple sujet RH, mais d’un enjeu stratégique de gouvernance, qui peut aller jusqu’à la mise en cause de l’entreprise et de ses dirigeants.
Les travaux de l’Institut Sapiens rejoignent largement ces constats, en identifiant plusieurs facteurs aggravants : la dégradation des conditions de travail, le manque de dialogue de qualité, l’insuffisance de formation professionnelle, et la méconnaissance de la stratégie de l’entreprise.
A ces coûts visibles s’ajoutent ceux que Laurent Cappelletti qualifie de « coûts-performance » cachés du management**** . Ils correspondent à des actes de régulation qui mobilisent des ressources humaines et financières sans créer de valeur : surconsommations, sursalaires, surtemps, non-productions, non-créations de potentiels et risques. Ces coûts absents des KPI, et des rapports financiers ou RH représenteraient un impact économique compris entre 20 à 70K€ par collaborateur et le coût du mal être au travail représenterait 13.340 € par salarié et par an*****.
- Le changement fréquent d’orientation
- Le manque de coordination
- L’indécision managériale.
Ces facteurs renvoient, pour une large part, à un management inadapté, insuffisamment outillé et insuffisamment formé.
Mieux manager : un investissement à fort rendement
Forts de ces constats que faire ?
Et si accompagner les managers était la solution ?
Trop cher ? Pas le temps ?
Et pourtant, les études montrent que 1€ investi dans la qualité du management génère en moyenne 4€ en gain de productivité. Ainsi accompagner vos managers pour les aider à être meilleur, ce n’est pas trop cher, ce n’est pas une perte de temps, c’est tout simplement un investissement avec rendement. Plutôt intéressant non ?
Ces accompagnements, que ce soit via la formation continue, du coaching professionnel, du codéveloppement, et tout autre accompagnement professionnel faisant sens au sein de votre organisation, va mécaniquement réduire les coûts précités en devenant un choix stratégique créateur de valeur. Les pertes précitées sont alors recyclées au travers d’un management plus vertueux créateur de satisfaction sociale, de valeur économique et de d’intérêt général.
Êtes-vous prêt à réduire les risques humains, à prévenir les RPS et à améliorer durablement votre croissance et vos marges en faisant du management un levier stratégique au cœur de votre organisation ?
NOTES
* Conclusion de l’enquête sur les pratiques de management exercées dans plus de de Nicholas Bloom, de l’université Stanford, John Van Reenen, de la London School of Economics, et Raffaella Sadun, de la Harvard Business School.
** Universitaire américaine, professeur Edsel Bryant Ford d’administration des affaires au sein de l’unité de management entrepreneurial de la Harvard Business School.
*** https://www.institutsapiens.fr/wp-content/uploads/2018/11/Cout-absenteisme.pdf
**** https://shs.cairn.info/rencontre-les-couts-performances-caches-du-management?lang=fr
***** Source Cabinet Mozart Consulting – Apicil – https://www.thegood.fr/13-340-par-salarie-la-preuve-quinvestir-dans-le-bien-etre-nest-plus-une-option/

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