Et si nous apprenions à régénérer nos ressources ?
Nous avons passé des années à apprendre à gérer notre temps. Il est peut-être temps d’apprendre à régénérer nos ressources.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, la France sort tout juste d’un épisode de canicule.
Face à ces températures exceptionnelles, nous avons, pour la plupart, spontanément adapté nos comportements : boire davantage, rechercher l’ombre, ralentir, reporter certains efforts. Personne n’aurait eu l’idée de demander à un marathonien de courir à 14 heures en plein soleil.
Nous savons intuitivement qu’un organisme vivant ne peut pas fonctionner durablement sans tenir compte de son environnement.
Alors, pourquoi oublions-nous parfois cette évidence lorsqu’il s’agit de notre énergie au travail ?
Depuis plusieurs années, nous évoluons dans un monde où l’incertitude est devenue notre quotidien. Les crises ne se succèdent plus, elles se superposent. Les organisations s’adaptent en permanence : les métiers évoluent, les attentes changent, les décisions doivent souvent être prises avant même de disposer de toutes les informations.
Cette réalité concerne les dirigeants, les professionnels RH, les managers… mais aussi, plus largement, toutes celles et ceux qui contribuent chaque jour à faire vivre les organisations.
Nous parlons beaucoup de résilience, de capacité à tenir, à absorber les chocs, à rebondir.
Ces qualités resteront essentielles.
Mais si le véritable défi des prochaines années n’était plus seulement de résister… mais d’apprendre à nous régénérer ?
L’énergie : une ressource stratégique
Nous avons longtemps associé la fatigue à la quantité de travail.
Pourtant, beaucoup d’entre nous terminent cette première partie de l’année avec un sentiment plus difficile à nommer.
Nous ne sommes pas seulement fatigués parce que nous avons beaucoup travaillé, nous sommes aussi fatigués parce que nous nous sommes beaucoup adaptés.
Notre cerveau est conçu pour anticiper. C’est ainsi qu’il économise son énergie. Lorsque les repères deviennent instables, il reste davantage en vigilance : il analyse plus, il hésite plus, il envisage davantage de scénarios.
Cette activité est invisible.
Mais elle est énergivore.
Jim Loehr et Tony Schwartz l’expliquent depuis longtemps : la performance durable dépend moins de la manière dont nous gérons notre temps que de la manière dont nous gérons notre énergie. Peut-être est-il temps de faire évoluer notre regard.
Pendant des années, les organisations ont cherché à optimiser le temps : le véritable enjeu est peut-être désormais de savoir régénérer l’énergie !
Choisir où investir notre énergie
Lorsque l’incertitude augmente, nous avons naturellement envie de reprendre le contrôle : nous suivons davantage l’actualité, nous cherchons à anticiper et à imaginer tous les scénarios possibles. Nous essayons même parfois de résoudre aujourd’hui des problèmes qui ne se poseront peut-être jamais.
Cette réaction est profondément humaine.
Mais elle peut aussi devenir un formidable puits d’énergie.
Stephen Covey distinguait le cercle des préoccupations — tout ce qui nous préoccupe — du cercle d’influence — tout ce sur quoi nous pouvons réellement agir. Cette distinction est précieuse : plus nous investissons notre énergie dans notre cercle de préoccupations, plus nous avons le sentiment d’en manquer. à l’inverse, notre cercle d’influence est souvent plus vaste que nous ne l’imaginons.
Nous ne maîtrisons ni les tensions géopolitiques, ni les marchés, ni les décisions politiques.
En revanche, nous pouvons choisir la qualité de notre écoute, la manière dont nous coopérons, les questions que nous posons, l’attention que nous portons aux autres… et à nous-mêmes.
Dans un monde saturé de sollicitations, notre attention est peut-être devenue notre ressource la plus précieuse.
Récupérer… ou se régénérer ?
Les vacances approchent. Elles seront, pour beaucoup, l’occasion de souffler, mais le repos ne suffit pas toujours.
Qui n’a jamais repris le travail après deux ou trois semaines de congés avec la sensation d’être reposé… sans être vraiment régénéré ?
À l’inverse, il nous est sans doute tous arrivé de rentrer d’un simple week-end avec une énergie nouvelle, l’impression d’avoir retrouvé de l’élan, de la clarté ou simplement l’envie.
La différence ne tient pas toujours à la durée de la pause, elle tient souvent à ce qu’elle nous a permis de nourrir. Pour certains, ce sera le besoin de calme ou de nature, pour d’autres, le besoin de liens, de liberté, de créativité, de mouvement, de découverte, de jeu ou de contribution.
Il n’existe pas de recette universelle. Ce qui nous régénère est aussi singulier que chacun d’entre nous. Mais lorsqu’ils sont nourris, nos besoins ne nous permettent pas seulement de récupérer : ils nous régénèrent !
Nous savons généralement très bien identifier ce qui nous fatigue. Savons-nous avec la même précision identifier ce qui nourrit durablement notre énergie ?
Les organisations aussi ont besoin de régénération
Nous parlons beaucoup de régénération des sols, des forêts ou des océans et nous savons désormais qu’un écosystème surexploité finit par s’appauvrir, qu’il a besoin de diversité, d’alternance, de temps, de ressources.
Pourquoi en serait-il autrement des organisations ?
Leur première richesse n’est pas uniquement financière ou technologique, elle est profondément humaine et comme tous les écosystèmes vivants, elles puisent leur vitalité dans la qualité des liens qui les unissent, sur la capacité des personnes à apprendre, à coopérer, à exprimer leurs émotions, à reconnaître leurs limites et à mobiliser l’intelligence collective plutôt que de chercher, chacun, à avoir toutes les réponses.
Car l’une des grandes évolutions de ces dernières années est peut-être celle-ci : dans un monde de plus en plus complexe, la performance repose moins sur l’expertise individuelle que sur la qualité des interactions.
Les organisations qui traversent le mieux les périodes d’incertitude ne sont pas nécessairement celles qui comptent les meilleurs experts. Ce sont souvent celles où les idées circulent, où les désaccords peuvent être exprimés, où chacun ose contribuer et où les décisions s’enrichissent de la diversité des points de vue.
Carol Dweck parle de growth mindset : cette conviction que nos capacités peuvent continuer à se développer tout au long de notre vie.
Dans un monde où les réponses deviennent rapidement obsolètes, cette posture est sans doute plus précieuse que la certitude.
Les organisations les plus résilientes ne seront probablement pas celles qui sauront tout, ce seront celles qui continueront à apprendre.
Une question à emporter dans vos valises…
À l’approche de l’été, nous nous demandons souvent : « Comment vais-je me reposer ? »
Et si nous changions simplement de question : Qu’est-ce qui nourrit réellement mon énergie ?
La réponse est différente pour chacun et c’est précisément ce qui en fait toute la richesse.
Parce que nos ressources ne s’usent pas seulement lorsque nous travaillons trop.
Elles s’épuisent surtout lorsque nous oublions de les nourrir.
Prendre soin de nos ressources n’est pas ralentir, c’est préparer durablement notre capacité à avancer.
Dans un monde où l’incertitude est devenue la norme, notre capacité à nous régénérer, individuellement et collectivement, est peut-être devenue notre ressource la plus précieuse.
Toute l’équipe Ouibelieve Consultants vous souhaite un été ressourçant, inspirant… et profondément régénérant.

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